Levée de fonds : quand et comment faire appel à un business angel ?

Les conseils de Vivien Lacône, Responsable financement et commercial à la CCI des Hauts-de-Seine

Actualités
Développement
Financement
9 juillet 2019

Solliciter un réseau de Business Angels peut s’avérer utile pour faire une levée de fonds. Mais comment et à quel moment de la vie d’une entreprise le faire sans risque ? Vivien Lacône, Responsable financement et commercial à la CCI des Hauts-de-Seine nous éclaire.

 

Vivien Lacône est Responsable financement et commercial à la CCI des Hauts-de-Seine

Qu’est-ce qu’un business angel et quelles sont les particularités de ce type de financement ?


Un business angel, c’est un particulier qui investit son argent dans une entreprise. Cela diffère donc des fonds d’investissement où les personnes investissent avec l’argent des autres, et du crowdfunding où il y a une interface entre l’entreprise et l’investisseurs. La particularité des business angels réside également dans les montants investis qui ne sont pas plafonnés, comme cela peut être le cas pour du financement participatif.


Quand un entrepreneur peut-il faire appel à un business angel ?


En théorie, les business angels sont accessibles à tout moment de la vie d’une entreprise. Si vous avez une bonne idée et que vous arrivez à les convaincre, vous pouvez bénéficier de leur financement dès la création de la société. Mais, en pratique, ils investissent plutôt une fois que la société a des clients, qu’elle fait du chiffre d’affaires et qu’elle a déjà utilisé tous les autres types de financements (prêts bancaires, prêts d’honneur, etc.). En effet, les entreprises font souvent rentrer des business angels dans leur capital pour financer ce que les autres outils ne permettent pas de financer, comme les recrutements et la trésorerie qui sont les deux grands postes finançables par levée de fonds.

Quel est l’intérêt de lever des fonds via un business angel ?


En général, le business angel investit dans une entreprise avec deux objectifs. Il cherche, d’une part, à accompagner le dirigeant d’entreprise en jouant le rôle de mentor, avec une dimension de conseil, et d’autre part, à faire fructifier son placement. Il s’agit souvent d’un chef d’entreprise en activité ou à la retraite qui va faire bénéficier l’entrepreneur de son expérience pour faire grandir la société. C’est du gagnant-gagnant : si la société se développe bien, quand le business angel se retire (souvent à échéance de 5 ou 7 ans), elle va valoir plus cher avec une plus-value à la clé.

Le business angel aide les entrepreneurs qui ont besoin de fonds mais aussi de conseils

Quel montant peut-on obtenir via un business angel et quels délais prévoir ?


Il n’y a pas de plafond, mais le ticket moyen se situe entre 100 000 et 700 000 euros. En général, les business angels sont regroupés sous forme de clubs spécialisés par régions ou par thématiques par exemple. L’entreprise peut faire appel à plusieurs réseaux en même temps qui ont la possibilité de faire du co-investissement.
Entre le moment où vous contactez un réseau de business angels et le moment où vous disposez de l’argent, il faut compter entre 6 et 9 mois. La procédure est assez longue donc il ne faut pas compter sur ce mode de financement en cas de problème de trésorerie ou besoin de fonds à court terme.


Quelle procédure suivre pour solliciter un business angel ?


L’entrepreneur qui souhaite lever des fonds peut se rendre sur la plate-forme Gust.com qui est utilisée par quasiment tous les réseaux de business angels. Ensuite, il y a plusieurs étapes :

  1. L’entreprise dépose son dossier.
  2. Si son dossier est sélectionné, l’entrepreneur fait un pitch de 5 minutes devant les réseaux de business angels.
  3. Si le pitch convainc, l’entreprise fait une présentation plus longue d’environ 30 minutes qui permet aux investisseurs qui le souhaitent de se positionner.
  4. Ensuite, il y a des discussions pour estimer la valeur de la société.
  5. Une fois que tout le monde est d’accord sur le montant de la valorisation et sur le capital cédé aux business angels, place à la partie juridique avec la rédaction du pacte d’actionnaires qui permet aux investisseurs d’entrer dans le capital de la société.


Quels sont vos conseils pour réussir sa levée de fonds via un business angel ?


D’abord, je conseille au chef d’entreprise de solliciter les réseaux de business angels seulement quand il a utilisé toutes les autres sources de financement et quand sa société génère déjà du chiffre d’affaires. Cela va lui permettre d’être en position de force et de faire entrer les business angels de façon minoritaire dans l’entreprise, sans risquer de perdre le contrôle de sa société.

Ensuite, il faut que le dirigeant se fasse accompagner car, en général, il recourt à un business angel pour la première fois et se retrouve face à des investisseurs expérimentés qui connaissent bien la mécanique. Mieux vaut être bien conseillé pour savoir appréhender ce rapport de force et de négociation. Les Chambres de commerce et d’industrie peuvent notamment jouer ce rôle. 

À la CCI Paris Île-de-France, nous travaillons en deux temps : nous aidons d’abord l’entreprise dans la rédaction de son business plan qui permettra d’estimer sa valorisation. Ensuite, nous travaillons avec elle pour la présenter aux réseaux de Business angels et sommes à ses côtés quand les business angels posent des questions. Nous jouons vraiment un rôle de conseil et d’appui. Enfin, nous l’orientons vers des cabinets d’avocat ou des experts comptables pour ce qui concerne les actes juridiques et financiers en fin d’accompagnement.

 

CCI Store propose toute une palette de e-service dédiés au financement.